L’art est imposition, une obligation.

Matières disponibles, laisser cours à son impulsion.

Désobéissance, ignorer sa propre naissance.

En faire son maître, c’est pouvoir être.

Mangé par les larves, on reste son esclave.

Marque les mémoires Pablo et Basquiat.

Elle dicte les moyens, sans toutefois montrer la fin.

Sur notre faim, mille fois se demander :

Mais qu’est-ce que l’art?

 

L’art est expression d’une illusion instable.

S’imaginer qu’on l’a compris, se retourne et reste incompris.

Croyant la contrôler, si vaste, elle est indomptable.

Nature sauvage, certains seulement l’apprivoisent.

Explorateurs énigmatiques, lui devoir une ardoise.

En son contact, survient l’étonnement…

Un choque idéalement.

 

L’art a cette faculté de l’invisible.

Pouvant dévoiler ce qui en nous est sensible.

Mais pourtant parfois futile.

Fragile, elle nous force à découvrir.

Par hasard on ne peut la reproduire.

On tente de la servir, mais facile à trahir.

La prescription est de réfléchir.

De s’assagir.

 

L’art est autour de nous, elle est absorption.

En nous en faire une méditation.

Impossible d’être retenu, elle nous met à nu.

Pour survivre, il faut la faire jaillir.

Elle demande de nous un perfectionnement.

Déjouer ce qui peut être contraignant.

Cultiver.

Parfois oublier, exposer la brutalité.

Continuer de s’acharner.

 

L’art exige notre asservissement.

Balancer imagination et entendement.

Il faut du discernement.

Son pouvoir nous mène à la folie, mais il faut garder l’esprit.

À elle appartient notre vie.

Xlambert