Isabelle Clermont, Danys Levasseur et Maria Juliana

C’était ma première expérience de téléprésence qui m’a permis de vivre pleinement le concept d’ubiquité, être littéralement à deux endroits en même temps. Les mouvements, les paroles et la musique étaient perçus, transmis et dupliqués, l’information voyageait à double sens entre les centres Pauline-Julien à Trois-Rivières et Jacques-et-Michel-Auger à Victoriaville. 2 auditoires qui vivent une expérience similaire à 74,9 km de distance, une des beautés de ce que la technologie des communications nous permet de vivre, souvent de manière négative (être au restaurant avec un ami et texter avec un autre). Ce qu’ils ont accompli : dominer la technologie (et non être dominée par elle) comme dit Rod Judkins, artiste, conférencier et enseignant. On aurait dit un clin d’oeil à l’individu hypermoderne.

On voit à l’écran une personne s’approcher avec une sphère, la sphère disparaît à l’écran et apparaît dans la salle, la téléportation possible? Non pas encore, mais j’ai eu l’impression pendant un instant de vivre dans une science-fiction. Isabelle, à l’écran, s’approche et nous récite un texte de son cru « dans l’espace, des gens érigent leurs antennes, pour distinguer le bruit qui naît du bruit qui meure… » , puis ici en « réel » (Trois-Rivières) Maria traduit en Espagnole, ce qui amplifie l’effet de distance. La même expérience est vécue à Victo, mais l’expérience vécue et l’expérience virtuelle sont inversées. Trois-Rivières, on voit à l’écran deux musiciens, armés entre autres d’une roue de bicyclette et d’un archet, et sur scène une danseuse, palpable, qui exécute une chorégraphie tout en échangeant des regards avec les musiciens. Victo, dans la même pièce que les musiciens, la danseuse à l’écran, dans une atmosphère planante grâce à une musique expérimentale mélodieuse et influencée par le « drone », soit un genre minimaliste avec des bourdonnements et des notes répétés. Le public était tout prêt d’eux, j’aurais aimé vivre cette proximité. Un même évènement deux ambiances similaires. La performance se termine, les caméras se retournent vers les publics, on entend un homme « il y avait vraiment du monde là-bas » les publics se salut. Imaginez qu’en finissant votre téléjournal une caméra se retournait vers vous comme les milliers d’autres qui regardaient en même temps et que d’un coup vous voyez toutes les autres personnes qui regardaient le téléjournal…

Bref, c’était une première expérience pour tous les protagonistes, les centres y compris, j’espère qu’ils réitéreront et exploiteront encore plus cet effet d’ubiquité et l’importance du caméraman/women, j’aurais aimé voir plus d’angles. Le fil conducteur de la musicalité était présente, des performances longuement peaufinées et que dire de la mise en scène, une installation de fenêtres et une projection où l’on pouvait voir Isabelle Clermont performer dans une installation, elle était 2x dans un écran?*) » .#=??? Comme elle m’a dit elle était « un brin crevée » 😉 Beaucoup de travail pour les trois artistes, une collaboration qui plut aux deux auditoires. Les commentaires furent élogieux. Merci infiniment pour l’expérience stimulante et inspirante que vous nous avez fait vivre. « Les offrandes » no.2??